Propositions pour une « Paix de l’Église »
L’union des forces vives, une nécessité
Préface du P. Michel Lelong

Une occasion d’examen de conscience

Comme beaucoup de catholiques de ma génération, j’ai accueilli le concile VaticanII avec joie et espoir. Il me semblait très important, en effet, que tout en vivant et annonçant le Mystère du Christ, l’Église soit attentive aux réalités et défis de notre temps.

Malheureusement, dans les années qui suivirent le Concile, on vit s’introduire dans les domaines de la liturgie, de la formation du clergé, de la catéchèse des abus et dérives qui causèrent de profondes souffrances parmi les fidèles, tout en éloignant de l’Église beaucoup de nos contemporains.

Dans ce contexte, et alors que VaticanII nous avait appelés au « dialogue », beaucoup d’évêques, de prêtres, de religieux, de laïcs « dialoguaient » en effet avec les juifs, avec les musulmans, avec les communistes, mais refusaient de le faire avec les catholiques attachés la messe en latin. Ainsi, tandis que nos sociétés occidentales contestaient et rejetaient des valeurs morales et spirituelles fondamentales, les catholiques étaient divisés, et même opposés les uns aux autres, par de désolantes polémiques.

L’heure est venue, me semble-t-il, pour qu’ils se retrouvent unis dans le respect des légitimes diversités, et dans la fidélité au Saint-Siège, en accueillant ce que le cardinal Ratzinger, devenu maintenant BenoîtXVI, avait déclaré le 13 juillet 1988, au lendemain de la consécration, à Écône, des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X :
« Nous devons réfléchir sur le fait que de nombreuses personnes, au-delà du cercle restreint des membres de la fraternité de MgrLefebvre, voient en lui une sorte de guide ou tout au moins une leçon à retenir. Il n’est pas suffisant de s’en remettre à des motivations politiques, nostalgiques ou à d’autres raisons culturelles secondaires. Ces causes ne seraient jamais suffisantes pour y attirer aussi des personnes, et spécialement des jeunes de pays très différents et de conditions politiques ou culturelles très différentes. Certes, on découvre partout une vision étroite, unilatérale ; cependant, le phénomène, dans son ensemble, serait inconcevable si ne s’y trouvaient aussi mêlés des éléments positifs, qui d’ordinaire ne trouvent pas suffisamment de place dans l’Église d’aujourd’hui. En conséquence, nous devrions tout d’abord considérer cette situation comme une occasion de faire un examen de conscience. Nous devons nous laisser questionner, sérieusement, sur les déficiences de notre pastorale, dénoncées par tous ces événements ».

Puissions-nous tous, comme nous y invite ici Monsieur l’abbé Barthe, entendre cet appel et contribuer ainsi à la réconciliation entre tous les catholiques, dans l’unique Église du Christ.

Père Michel Lelong
Père Blanc