Propositions pour une « Paix de l’Église »
L’union des forces vives, une nécessité

Présentation par Claude Barthe

Concile et post-Concile :
catholiques critiques et catholiques déçus

Le présent Carnet est constitué de deux conférences prononcées par l’abbé Claude Barthe dans le cadre du GREC, Groupe de réflexion entre catholiques, au sein duquel laïcs et clercs appartenant à divers courants de l’Église de France ont pris l’habitude de discuter de manière aussi libre et constructive que possible de sujets qui continuent de les diviser (liturgie, œcuménisme, nature du dialogue interreligieux, etc.)

Ces deux textes, dont il est bien précisé qu’ils n’engagent que leur auteur, se voudraient une incitation à ce qu’une main soit tendue, de part et d’autre, entre catholiques critiques de certains éléments de VaticanII - textes et réforme liturgique consécutive au Concile - et catholiques déçus par le déroulement de l’après-VaticanII :

Ä la première conférence, « Propositions pour une “Paix de l’Église” », dont le texte a été publié à titre de document dans la revue Catholica (n. 93, automne 2006), constate que dans la perspective d’une volonté de ranimer l’apostolat de l’Église tout incite aujourd’hui à une union des forces vives (les nouvelles générations de prêtres, animés d’un désir de tourner la page d’expériences désastreuses, d’une part, et les prêtres tridentins, d’autre part) ou du moins à l’union d’une partie importante de ces composantes de l’Église de France.

Ä La seconde conférence, « Liturgie : réforme et révolution », avance cette thèse : un des effets les plus regrettables de la réforme liturgique radicale de PaulVI, dont le maître d’œuvre fut Annibale Bugnini, est qu’elle a, en réalité, empêché le développement harmonieux d’une véritable réforme liturgique. Il y a eu révolution au lieu de réforme au sens traditionnel du terme (celui de réforme du Carmel, de réforme grégorienne, de réforme du concile de Trente).

La reconnaissance officielle du droit de cité de la messe tridentine et de ceux qui la célèbrent ou qui y assistent ne constitue-t-elle pas un appel implicite à cette union des catholiques critiques et des catholiques déçus ou, pour le dire positivement, à une union des forces vives ? Pour que vienne enfin cette « Paix de l’Église », selon une expression qualifiant l’Édit de Milan et devenue traditionnelle pour évoquer les pacifications internes au catholicisme.