Un philosophe face à la Révolution.
La pensée politique de Louis de Bonald


Revue de presse
Michel Toda

Jean-François Revel, à qui il arrivait de dérailler, s’était emporté un jour contre "les lugubres théorèmes du malheureux Bonald". S’il avait lu l’ouvrage du professeur Robert Spaemann, édité à Stuttgart en 1959, réédité en 1998, et dont la traduction française, due à Stéphane Robilliard, vient de paraître, on aime à supposer que lesdits théorèmes lui auraient semblé un peu moins lugubres et leur auteur pas si malheureux.

La Nef, Avril 2009



Philippe Maxence

Figure oubliée aujourd’hui, Louis de Bonald (1754-1840) a fait l’objet, de la part de Robert Spaemann, d’une réflexion hardie, enfin éditée en français. Le penseur contre-révolutionnaire serait en fait, d’après l’auteur, un moderne qui s’ignore. Sa théorie du langage préfigurerait même certaines thèses contemporaines. En réduisant les dogmes à un rôle de conservation de la société civile, Bonald quittait en fait les chemins de la métaphysique, ouvrait grandes les portes à la sociologie, et influençait aussi bien Lamennais que Maurras. En développant une thèse surprenante mais argumentée, le philosophe allemand - proche de Benoît XVI - fait éclater la frontière des idées reçues.

(Le Figaro Magazine, 21 février 2009)

Denis Sureau

Le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) est considéré, avec Joseph de Maistre, comme un maître du traditionalisme contre-révolutionnaire. Théoricien de la Restauration aujourd’hui peu lu - son style manque de grâce -, il est régulièrement cité par les historiens des idées politiques parmi les principaux inspirateurs de Charles Maurras et de l’école d’Action française. Filiation juste mais incomplète, car la pensée bonaldienne, plus moderne qu’on ne l’imagine, est plus largement à l’origine de la sociologie qui a envahi les universités au XXe siècle. Et sa théorie du langage n’est pas sans affinités avec certaines thèses de la linguistique contemporaine. C’est ce que montre avec brio Robert Spaemann dans un livre écrit en 1951 et enfin traduit en français. Le grand philosophe catholique allemand, ami de Benoît XVI, avait alors 25 ans et une maturité intellectuelle impressionnante. Dans son étude à la fois perspicace et bienveillante, il montre comment, pour légitimer rationnellement la monarchie de droit divin, Louis de Bonald a tenté de retourner la modernité politique contre elle-même. L’entreprise était risquée, pour ne pas dire vouée à l’échec. [...]

(L’Homme nouveau, 31 janvier 2009, p. 21-22)

Direct 8

Emission "Dieu merci", 13 mars 2009 (L’homme est-il un animal politique ?)