Le Pèlerin de Lourdes


Revue de presse
L’Homme nouveau

La poésie de Jammes ne s’est point fanée. Faite de liberté, de simplicité, elle chante l’humble réalité des êtres et des choses. Son roman autobiographique Le Pèlerin de Lourdes n’en est pas exempt.

(19 juin 2005)

Georges Leroy (L’Escritoire, juin-juillet-août 2005)

Monde et vie

C’est à lire...

(3 septembre 2005)

Una Voce

Bonne idée d’avoir réédité Le Pèlerin de Lourdes de Francis Jammes. De ce récit, on admirera la langue et la foi. Francis Jammes s’est converti et Notre-Dame ne doit pas être étrangère à ce regard nouveau que porte le poète béarnais sur l’existence, ses causes profondes et aussi sur la guérison de sa fille Marie en 1914. Tout cela est dit simplement. Le style est si clair, si vrai, si naturel qu’on suit avec passion et sans effort l’évolution de Jean Escuyot. En voici quelques lignes pour vous donner envie de lire ou de relire ces belles pages : « La journée était si lumineuse que les moindres détails de la procession, qui se rangeait sur les côtés pour laisser le champ libre à !’escorte du Saint-Sacrement, revêtaient la netteté des silhouettes chinoises sur du papier de riz. L’impression était unique : celle de Lourdes où fusionne ce qui reste ailleurs distinct tout à la fois une nappe de silence, des bouffées de cantiques, des cris, des invocations, pions noirs et blancs des prêtres en surplis, la crudité multicolore des bannières et des oriflammes, et cette vague de douleur arrêtée où l’on distinguait des bras allongés, des visages nus dont l’immobilité n’était trou-blée que par un changement de position sur l’oreiller. »

Dans la préface qu’il donne à ce livre, l’abbé Claude Barthe souligne « la naïveté » du récit de Francis Jammes, il l’analyse au-delà du « mauvais goût de Lourdes », au-delà des « trafiquants de pieuses camelots », pour arriver à l’essentiel : la pauvreté du cœur.

(n° 242 - mai-juin 2005)

Claude Barthe

Réédition d’un petit roman qui fait partie du cycle chrétien du « Virgile des Pyrénées », à l’occasion du centenaire de sa conversion. Pour Jammes, comme pour Huysmans, comme pour cette multitude d’écrivains convertis de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, Bloy, Claudel, Péguy, Green, Jacques Rivière, les Maritain, Psichari, Jammes, Max Jacob, Rouault, etc., « conversion » a signifié, en fait, retour à la foi de l’enfance. En ce qui concerne Francis Jammes, c’est une violente crise sentimentale et morale qui a provoqué ce retour, à l’âge de trente-six ans. Claudel, lui-même converti et devenu grand convertisseur, correspondait avec lui, le visitait, le dirigeait spirituellement, et l’a ramené à la pratique des sacrements. Et tout naturellement, Claudel et Jammes vinrent faire leurs dévotions à Lourdes, « agenouillés dans l’ardente grotte enfumée, dans la terrible joie de son humilité », qui servira de cadre, en 1936, à cet écrit, l’un des derniers du poète. Le Pèlerin de Lourdes, tout au contraire des Foules de Lourdes, de Huysmans - qui était beaucoup plus sensible au site spirituel de La Salette, endroit grandiose et stérile où la Vierge est descendue pour pleurer, qu’à celui de Lourdes - magnifie la saveur bucolique du décor pyrénéen, où Marie se rend familière à ses enfants : « Des villages d’une ardoise éteinte, des murs de galets, cette invitation à vivre et à mourir là, cette douceur de caractère, ce goût, tout ce qui m’est si doux ». Cette conversion, en 1905, est symptomatique : la vague des « retours » dans laquelle elle s’inscrit est contemporaine de la laïcisation de l’État. Leur écho littéraire important a, pour une part, modifié l’atmosphère intellectuelle à la jointure des deux siècles. À l’heure où il est écrit, dans les années trente, Le Pèlerin de Lourdes s’inscrit d’ailleurs dans la veine du « roman catholique », alors à son apogée, et qui va conserver un large droit de Cité jusque dans les années soixante.

(Catholica, n° 88, été 2005)

Guillaume de Lacoste Lareymondie

Ce petit roman constitue une magnifique introduction au pèlerinage de Lourdes et prédispose à y recevoir les grâces si abondantes propres à ce site populaire où Dieu a choisi de manifester son amour pour sa mère.

(Liberté politique, juillet 2005)

Lecture et tradition

Le verbe de Jammes est un véritable délice ! Cette langue familière, pure et poétique est mise au service de la Vérité et plus particulièrement à la défense de la Sainte Vierge dans ses apparitions à Lourdes. Dans ce petit roman, on suit un vieux pèlerin (semblable à Francis Jammes lui-même) qui obtiendra la guérison d’une petite fille. Il nous fait pénétrer Lourdes d’une manière singulière, en habitué mais non en professionnel et nous décrit une ambiance chaude de foi et d’espérance, d’esprit catholique où le miracle est la conversion intérieure plutôt que la spectaculaire rémission physique. Vraiment, c’est un bel éloge, d’une profondeur simple et remarquable.

(mai 2006)

Charles Daubainveau

Saluons l’heureuse initiative de cette réédition. Mais qui lit Francis Jammes aujourd’hui ? Qui le connaît ? J’en ai appris par cœur des pages en cinquième, mais l’époque est lointaine et j’avais alors un professeur de Lettres en fin de carrière. L’œuvre de Jammes était déjà rejetée dans l’ombre avec toute la poésie traditionnelle du XXe siècle par les professeurs syndiqués, partisans d’Aragon et des surréalistes [...].
Il nous faut connaître la littérature qu’on veut nous faire oublier parce qu’elle chante les aspirations naturelles de l’homme, espoirs de la vie terrestre et espérance de l’autre vie. Claude Barthe a bien senti l’art de « Jammes le virgilien ». Il parle de sa simplicité voulue, de son ingénuité parfaitement calculée. Les vers de Francis Jammes me font toujours penser à François Coppée : nous avons dans les deux cas la simplicité recherchée, la maladresse savante d’un prosaïsme voulu. Mais Jammes possède les trésors de la nature alors que Coppée chante les humbles qui peuplent les tristes rues des faubourgs. « C’était un petit épicier de Montrouge... »

(Lecture et Tradition, septembre 2005)

fr. Réginald M. Rivoire

Heureuse initiative que la réédition de ce petit livre, initialement paru chez Gallimard en 1936, mais depuis longtemps épuisé ! [...]
Roman « jammien » dans son style et sa trame, ce petit livre est aussi un document historique des plus savoureux. Il décrit en effet « par le menu la journée d’un pèlerin dans la cité mariale de l’entre-deux-guerres », observe Claude Barthe dans la préface. L’arrivée, la gare, les magasins de bondieuseries, la grotte, les piscines, la messe, les brancardiers, les hôpitaux, la procession aux flambeaux, le chemin de croix, l’apéritif (sic !) et le repas, le coucher à « l’abri des Pèlerins », tout y est. [...]
Les choses les plus simples, les faits et gestes en apparence les plus anodins sont toujours chez Jammes l’occasion de descendre dans les profondeurs de la grâce. C’est son génie propre de découvrir, dans les choses les plus familières, le reflet d’une lumière supérieure. [...]
On l’aura compris, ce petit livre, d’une grande profondeur spirituelle, est une belle invitation à retrouver « la simplicité de la corde, l’humilité du bourdon, la pureté du coquillage, la nudité des pieds apostoliques », bref à devenir ou à redevenir, nous aussi, des « pèlerins de Lourdes ».

(Sedes sapientiae, septembre 2005)